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Il baptise les bateaux, sacre les champions, fait pétiller
les têtes et couronne les amoureux. Il est de toutes les fêtes,
il s'invite partout, il lui arrive même de pousser son bouchon trop
loin dans une grande gerbe pétillante et joyeuse. Passé
au fil du sabre, il devient cérémonie, rituel, exception.
Raffinement et distinction. Souvent imité, jamais égalé,
le champagne est le produit de luxe incontournable de toutes les tables
en fête.
"Le vin de la civilisation"
C'est ainsi que Talleyrand le définit, ce vin de toutes les folies
pétillantes. On attribue généralement la véritable
naissance du champagne à Dom Pérignon, un moine cellérier
de l'abbaye bénédictine d'Hautvillers (département
de la Marne). C'est en partie vrai, puisqu'on lui doit d'avoir pensé
le premier à assortir les raisins de diverses origines. C'était
aux alentours de 1670, mais les vins de Champagne n'avaient pas attendu
le bénédictin, et sa bénédiction, pour asseoir
leur réputation. Pendant près de neuf siècles, ils
consacrèrent à Reims le sacre des rois de France. Champagne
! D'autant que ce vin d'exception est également vin de santé,
un reconstituant efficace et biologique, qui fut longtemps un remède
traditionnel offert aux convalescents et aux anémiques. Est-ce
un hasard si un article de janvier 1981 de " thérapeutiques
naturelles " est illustré d'une bouteille de champagne étiquetée
: Champagne, remède naturel produit de France ? Certainement pas.
Et le champagne est aussi employé efficacement dans les traitements
de longue durée. Dans ce cas, avec le demi-sec, " les sucres
relèvent la glycémie. Mais dans tous les cas, les sels de
potassium portent leurs effets sur les fibres musculaires, dont ils favorisent
la contraction et la tonicité. Quant au C02, il tend à s'opposer
à l'alcalose. La résultante de cette synergie n'est pas
un coup de fouet brutal et passager, mais un puissant ensemble qui viendra
au secours des défaillances physiologiques de toute nature. "
(Monceaux (Dr R.H.). Le Vin de Champagne dans la diététique
des opérés, dans Diététique et nutrition,
décembre 1951). Ou comment sabler le champagne avec son médecin
Pour quelques bulles de plus
Dans un marché viticole fragile, les Champagnes semblent, pour
l'instant, tirer leur épingle du jeu, avec une petite progression
de 2,2 % malgré une décélération des exportations.
Pas vraiment de quoi sabrer la grande dame, mais la percée de pays
émergents comme la Chine, la Russie ou l'Inde stabilisent cette
décélération. A ce jour, les quelque 33 000 hectares
de vignobles, répartis en grande majorité sur le département
de la Marne, mais aussi dans l'Aube, la Haute-Marne, la Seine-et- Marne
et l'Aisne, produisent environ 338 millions de bouteilles, dont 44 % sont
vendues à l'étranger, pour un chiffre d'affaires de 4,5
milliards d'Euros.
Quel champagne choisir ?
D'abord le millésime, ou plutôt son absence. Car l'essentiel
de la production est non millésimée, issue d'un mélange
de plusieurs cépages et de différentes années. C'est
par ce savant mélange que chaque grande maison exprime son style.
Mais il arrive parfois qu'une année exceptionnelle mérite
une cuvée particulière, voire une cuvée de Prestige.
Ensuite, la teneur en sucres, qui va déterminer la catégorie
du champagne. Elles sont au nombre de 7 : Brut nature (0 à 3 g/l),
Extra brut (3 à 6 g/l), Brut (- de 15 g/l), Extradry (12 à
20 g/l), Sec (17 à 35 g/l), Demi-sec (33 à 50 g/l), et Doux
(Plus de 50 g/l). A lui seul, le brut représente entre 80 et 85
% de la production. A vous de trouver celui qui vous convient ! Dans tous
les cas, il faut éviter de le boire trop jeune. Il peut même
s'avérer très bénéfique de laisser de côté
une bouteille de champagne " bon marché ". Après
5 à 10 ans de garde, le vin perdra de son acidité, et ses
bulles seront moins exubérantes. S'il n'est pas frais, ne le placez
surtout pas au congélateur, ses saveurs en seraient altérées
par le froid trop vif. Laissez reposer la bouteille une petite demi-heure
dans un seau à glace, et servez-le dans des flûtes assez
hautes, et suffisamment évasées, afin de permettre à
tous ses arômes de s'exprimer. N'oubliez pas, c'est un rituel de
gourmet ! Et pourquoi cantonner nos chères petites bulles aux fins
de repas et aux cérémonies ? Il accompagne à la perfection
les poissons, mais aussi les viandes blanches et certains fromages, comme
le vacherin pour n'en citer qu'un. Alors, sortez des sentiers battus et
laissez- vous guider par les bulles, elles mènent toutes au ciel
!
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