|
Cité scolaire P. Mendès
France de Péronne (80)
D'après les lycéens, le restaurant vaut le détour.
Quant aux professeurs, ils sont fort nombreux à le fréquenter
Reportage au lycée général et technologique de Péronne
dans la Somme.

© CC - MAGALI BACILIERI
6h30. De la cuisine de la Cité scolaire
Pierre Mendès France de Péronne s'échappe une irrésistible
odeur de croissant chaud
C'est Francis Faletti, le chef de cuisine
qui est en train de cuire ses viennoiseries pour le petit déjeuner.
Un p'tit déj ouvert à tous les élèves internes
ou non, de 7 à 10 heures. Très très prisé
Au menu, jus de fruits, boisson chaude, petits pains - et viennoiseries
deux fois par semaine -, beurre, confiture et pâte à tartiner
de temps en temps. Autant vous dire qu'à la récré
de 9 h 45, c'est la cohue au self ! Pour calmer le jeu, Francis n'annonce
pas les jours de viennoiseries. " Sinon, ils viendraient en masse
ces jours-là ! ", commente-t-il amusé. Entre les jeunes
et le chef il n'y a pas de barrières. Le matin, ils se renseignent
sur le menu: " Chef, tu nous prépares quoi pour ce midi ?
". Comme Francis dit si bien : " Le comptoir c'est notre terrain
d'échanges ". C'est pourquoi il l'a voulu ouvert, chaleureux,
dynamique. La réplique d'un véritable comptoir de bar. C'est
là que les ados donnent leurs impressions sur le menu de la veille,
qu'ils aient aimé ou non. Là aussi qu'ils demandent leur
plat favori. Ils savent que Francis est à l'écoute même
s'il ne leur fait pas que ce qu'ils aiment. " Je fais des essais
pour leur faire goûter de nouveaux mets. Parfois, je me plante.
C'est la règle du jeu ", confie-t-il. Une fois le premier
repas de la journée bouclé, Francis démarre les viandes,
les légumes et le cas échéant les entrées
chaudes. Pour les 950 couverts, le fait maison est la règle. Francis
n'y déroge que quand il ne peut vraiment pas faire autrement. "
Je leur fais de la purée fraîche car c'est meilleur et nous
sommes dans le pays de la pomme de terre! " Son second, Régis,
arrive plus tard car il assure aussi le service du soir pour les 95 internes.
Pendant ce temps, Corinne, Dominique, Olivier et Laetitia préparent
les entrées et les desserts.
11h30. Le service commence. Dans son "
menu conseillé " rédigé chaque jour, le chef
fait part de ses suggestions. A l'exception de la viande et des entrées
chaudes, les convives viennent se servir au comptoir, les légumes
et les sauces sont maintenus au chaud sur des plaques vitrocéramiques
intégrées au plan de travail. " Quand je peux, je réchauffe
aussi les assiettes. Comme au restaurant ! ", ajoute le chef. Dans
la cuisine ouverte sur le self, Francis et Régis travaillent en
flux tendu. " Les steaks hachés sont bien meilleurs ainsi
", confie Régis. Sur l'îlot central, 4 fromages à
la coupe sont proposés et le Salad Bar qui fait l'unanimité
- salades composées, betterave, taboulé, soja
-, il
y en a pour tous les goûts et pour tous les appétits. "
Tout ce qui est sur l'îlot - fruits, fromage, salad'bar - c'est
en plus du menu ", explique Corinne. A l'évocation du mot
" choix ", le chef se remémore ses premières années
passées au self, il y a 30 ans. " C'était le temps
du plat et du légume uniques. Je revois encore le système
du " carrousel " - les plats tournaient dessus - qui a précédé
le self linéaire
". C'est en 1997 que Francis a proposé
les 2 plats au choix. Et puis le système de l'îlot central
pour faire goûter chaque jour différentes saveurs. La suite,
vous la connaissez. Sans conteste, ce restaurant a du succès. Il
n'y a qu'à voir l'afflux d'adultes. " Ils se donnent tous
le mot car notre restaurant jouit d'une excellente réputation.
Et ça repose sur toute l'équipe ", confie Emmanuel
Duclercq, le proviseur. Et d'ajouter : " Combien a t- on d'étoiles
chef ? ". Réponse de Francis : " Aucune mais les élèves
disent que c'est certainement l'un des meilleurs restaurants de France
! Et c'est amplement suffisant
"
A la rencontre des producteurs
locaux
Il y a quelque temps, le chef Francis et sa magasinière Danièle
se sont rendus au " Marché du Terroir " organisé
dans un village voisin. Ils ont rencontré les producteurs locaux,
ont parlé prix, quantités
Et se sont mis d'accord
avec un fabricant de fromage - le Rollot, typiquement Picard - et deux
producteurs de fraises et d'endives pour travailler ensemble. " Si
on ne se bouge pas, on n'a rien ", conclut Francis, très satisfait
de cette collaboration enrichissante. Et d'ajouter : " Dernièrement,
nous sommes allés visiter la plantation de fraises. Nous avons
appris beaucoup de choses que nous pourrons ensuite transmettre aux lycéens.
"
|