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IME Les Violettes à Villard-de-Lans
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Pour Clément, Johanna, Yohann et leurs 57 camarades des Violettes,
les repas constituent un moment fort du quotidien. Une vaste cuisine a
d'ailleurs été aménagée au cur des nouveaux
bâtiments de l'Institut médico-éducatif (IME) ouverts
le 28 avril dernier

© CC - NATHALIE RUFFIER
Il est 12 heures, les cours se terminent aux Violettes ; les enfants,
hébergés par tranche d'âge, rejoignent leur lieu de
vie. Mehmet est l'un des premiers à pousser la porte de son unité,
celle des 12-16 ans. Il accepte sans sourciller d'aider Michèle,
leur maîtresse de maison, à transporter le container isotherme
de repas, posé à deux pas de là. Leur unité
est en effet désormais voisine de la cuisine de l'établissement
! Beaucoup de choses ont changé depuis le 28 avril dernier dans
cet institut médico-éducatif réservé aux jeunes
épileptiques rhônalpins âgés de 6 à 20
ans. 60 jeunes y vivent du lundi matin au vendredi après-midi,
tout au long de l'année scolaire.
Proximité et souplesse
L'établissement n'est désormais plus écartelé
entre deux sites, celui historique des Egauds, hameau de Lans-en-Vercors,
et celui accueillant depuis 2000 les adolescents, situé à
15 km de là, à Villard- de-Lans. Ses 60 jeunes pensionnaires
ont été regroupés sur le site villardien, préalablement
agrandi (+ 1 685m2 de bâtiment particulièrement lumineux
!). " Le site de Lans-en-Vercors était un vrai labyrinthe
et les derniers travaux de mise en sécurité l'avaient rendu
peu adapté à la vie quotidienne d'un IME. Ici, tout a été
d'emblée conçu pour l'accueil de ces jeunes épileptiques
", se félicite Pascal Chevalier, chef de secteur de l'Afipaeim,
association gestionnaire des Violettes. Quelque 113m2 ont ainsi été
réservés à la cuisine de l'établissement,
jusqu'alors installée aux Egauts. " Cela évite bien
sûr les déplacements de Lans à Villard pour la livraison
des repas et nous apporte surtout beaucoup plus de souplesse. Pour répondre
aux demandes de dernières minutes, du type cuisson de riz pour
un enfant malade ou aménagement d'un repas pour un jeune sortant
d'une crise d'épilepsie forte. Beaucoup ont du mal alors à
manger ", se félicite Christine Alofs, chef de service. Pourtant
ces jeunes lourdement atteints ont un attachement fort à la nourriture.
" De part leur maladie, ce qui est important au niveau éducatif
se situe d'abord autour des besoins primaires. Les repas sont donc des
moments importants ", explique la responsable. Mehmet et ses camarades
- 11 jeunes ce midi -, se sont effectivement attablés sans difficulté.
Deux éducateurs les ont rejoints : Elise et Vincent vont s'assurer
que tout se passe bien. Car si certains sont très autonomes, d'autres
ont besoin d'être servis, voire aidés pour enlever les arêtes
des ailes de raie servies ce jour ou couper le clafoutis proposé
en dessert. " On a pris le risque de laisser Yohann se servir quitte
à se qu'il casse son assiette. C'est peu de chose par rapport aux
progrès qu'il a fait depuis ! ", se réjouit Vincent.
Jamais bien loin, Michèle veille aussi sur cette grande famille.
L'ambiance est plutôt bon enfant. " J'suis contente, j'crois
que Marc va nous servir des bouchées à la reine la semaine
prochaine ", glisse Johanna. "Depuis que la cuisine est là,
je peux effectivement passer voir les jeunes en fin de journée
et répondre si possible à leur attente. On est là
pour eux avant tout ", confirme le nouveau Chef, Marc Grimaud, 41
ans. Voilà 19 ans que le cuisinier travaille aux Violettes. Mais
sa prise de responsabilité est récente. " Notre Chef
est parti en octobre dernier. J'ai pris sa suite ", résume
le quadra.
Un véritable espace pédagogique en cuisine
Un autre cuisinier, Jean-Florent Rodriguez et deux aides cuisine, Rosemarie
Alves Pereira et Manuel Grulo, travaillent à ses côtés
pour préparer environ 180 repas par jour dans des locaux désormais
bien plus vastes. "Nous disposons de zones de décartonnage,
de réserve (épicerie et chambre froide), d'une légumerie,
d'un coin pâtisserie, d'une laverie
Bref, d'un vrai système
de marche en avant ", précise le chef. L'accueil régulier
des jeunes en stage de pré-orientation a toujours permis de bien
équiper, grâce à la taxe d'apprentissage, la cuisine.
Mieux, un espace pédagogique a été aménagé
afin d'ouvrir en septembre un atelier cuisine pour les plus âgés.
" L'établissement a fait le choix d'investir dans une cuisine.
Pour la santé et le confort des jeunes mais aussi pour leur orientation.
Les parents s'en félicitent ", avance Christine Alofs. Tout
y est cuisiné le matin pour le midi, et l'après-midi pour
le soir. Etablis pour 15 jours, les menus sont examinés avec attention
par le médecin de l'établissement, soucieux de faire la
guerre au sucre et aux matières grasses pour tous ces enfants lourdement
médicalisés. " Tout ou presque est fait maison. Avec
si possible du frais malgré un budget très contraint. On
fait jouer la concurrence et on s'accroche aux promotions. Mais cela devient
très dur ", s'inquiète Marc Grimaud. Il dispose en
effet de 2 270 € par semaine pour assurer les 4 repas journaliers
des enfants et ceux du personnel encadrant, soit environ 3,78 € par
personne et par jour.
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